Dans l'esprit des châteaux du XVIIe siècle
L'architecture s'épanouit ici dans les constructions mais surtout
dans l'aménagement de l'espace. L'architecte qui a conçu l'organisation
du lieu n'est pas connu mais plusieurs hypothèses sont actuellement
proposées. Sans doute plusieurs personnes se sont-elles succédées
pour aménager de 1696 à 1730 le château et son environnement, tels
que nous le voyons aujourd'hui.
Tenant compte du fort relief où était construite la maison initiale,
l'architecte a pu ainsi créer des espaces proches sur différents niveaux
qui sont chacun en soi un spectacle. Chaque espace clos par des murs,
haies, arbres, grilles, balustrades, donne ainsi envie d'aller découvrir
le mystère de l'espace voisin. "... Quant à la maison,
bien dans l'esprit des châteaux du XVIIe siècle, d'une construction
très soignée, appareillée en pierre de taille, elle offre une image
monumentale, étonnante pour un château qui se révèle finalement n'être
qu'un corps de logis simple en profondeur.
Dressé sur son perron, il s'élève sur trois niveaux, et sa façade
principale sur les jardins ne présente pas moins de sept travées de
fenêtres...Les murs sont recouverts d'un badigeon de couleur sable,
presque doré.
L'axe de la façade est marqué par une
porte d'entrée, inspirée de l'ordre dorique, à pilastres latéraux
portant un entablement à métopes sculptées en rosace.
Encore dans la tradition du XVIIe siècle, de sobre bandeaux d'étages
continus, à moulures plates, soulignent les niveaux.
Le premier étage est désigné comme étage noble par ses fenêtres,
enrichies d'un larmier qui, à chaque extrémité de la façade, ouvrent
sur des balcons en fer forgé portés par des trompes...
A l'arrière, le bâtiment est presque aveugle, de fausses fenêtres
en assurent la symétrie.
Les toits, soulignés à la base par une
corniche, sont traditionnellement recouverts de tuiles romaines.
Leur crête est marquée par des épis de faîtage en terre cuite vernissée,
de couleurs jaune et verte, en forme de vases, et par des boules
sur piédouches (origine régionale à Saint-Jean-de-Fos).
L'ensemble donne une impression de noblesse que la présence de sculptures
et de fers forgés, accentue encore..."
extrait de
"Les châteaux du Bas-Languedoc"
de Anne Touzery-Salager
L'escalier, périlleux morceau d'architecture
C'est à l'intérieur que l'on découvre le trésor de Flaugergues.
Démesuré, l'escalier, véritable morceau d'ostentation, comme dans
la plupart des hôtels particuliers de Montpellier, occupe la place
principale : ici, pratiquement, le quart du volume total de la demeure
!
Il
correspond à la travée centrale du bâtiment dont il occupe toute
la profondeur et dessert tous les étages.
Ses volées sont suspendues et soutenues, ainsi que les paliers, par des arcs à
clefs pendantes. Spectaculaire, avec sa très belle rampe en fer forgé à motifs
de balustres faite par "Cartoi", il est cependant d'une esthétique retardataire,
pleinement du XVIIe siècle, alors que le château naît pratiquement avec le siècle
qui suit.
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